Le Patrimoine semi-naturel de Brive
Une grande partie du patrimoine semi-naturel de Brive est lié étroitement à la géologie du territoire : le grès du Trias se décline en plusieurs faciès qui ne se comportent pas de la même façon devant l'érosion selon sa position ou l'exposition.
Parfois le grès va se présenter sous forme de corniches, que l'on peut apercevoir dans ses dernières couches juste au dessous des premières couches marneuses qui le recouvrent ( b
ois sous Chèvrecujols), ailleurs des dalles gréseuses sont mises à nues sur de grandes surfaces avec une rare végétation adaptée.
Puis avec la rupture des pentes plus bas , les escarpements se font nombreux et sont propices au creusement de cavités qui seront parfois utilisées et aménagées par l'homme.
Ainsi dans les innombrables vallons qui taillent le relief de Brive, on peut apercevoir des grottes de toute taille , les plus grandes
tiendraient un petit immeuble  ( la grotte sous dite Sous Champ a une entrée de 6 m, une profondeur de 26 m et une largeur de 12 m) 
On ne connait pas le nombre exact de ces alvéoles tant elles sont dispersées, cachées par la végétation ou le relief, et parfois difficilement accessibles.
Plus de 260 grottes sont repérées par le document officiel de la DRAC
Certains groupes d'alvéoles ont été utilisés par nos ancêtres avec des intentions différentes:
Lorsque ces grottes sont au niveau des pâtures qui occupent le fond à peu près plat des vallons , elles servent :
- de protection
face aux intempéries pour les  bêtes, les  troupeaux, ou par l' ombrage lors des chaleurs estivales, 
- d'abri pour ranger le matériel agricole , les outils et le foin
Parfois ce premier niveau d'alvéoles est surmonté dans le front rocheux d'un niveau supérieur qui ont été alors
recreusées et aménagées par l'homme dans un but de sécurité quand les temps anciens n'étaient pas sûrs.( groupe de Lamouroux, Puyjarrige, Siorat etc)
Ailleurs si la rupture de pente n'offre que des affleurements rocheux, ils permettent quelquefois grâce aux suintements souvent présents de créer des points d'eau : fontaines,  abreuvoirs, mares ,  pêcheries,  puits.

Le front rocheux dans un vallon sous Siorat et son second niveau de grottes aménagées en cellules

Les dalles gréseuses presque nues entre Chèvrecujols et la vallée de Planchetorte

Vieux matériel agricole dans l'automne des landes
dessins préhistoriques sur parois ( Sous Siorat)
La vallée de Planchetorte, entre le village de Champ et de Bellet, sous le village de Marcillac et sous le village de Chèvrecujols, se trouve dans un petit vallon, un très vieil ermitage avec une source miraculeuse et les restes d'un petit oratoire, ainsi qu'une grotte préhistorique  qui aurait abrité l'ermite saint Gondulphe originaire du Berry.
Cette chapelle dédiée à saint Gondon, était au Moyen Age un lieu de pèlerinage, et appartenait au domaine de Marcillac. La chapelle n'avait pas de chapelain, mais des prêtres de Brive et des alentours y célébraient la messe lors des pèlerinages. Au VIème siècle, un prieuré de filles aurait été créé par saint Gondulphe, ermite venant du Berry, que les gens de la région ont appelé : saint Gondon.
Ce n'est peut-être qu'une légende, mais au 19ème siècle (1810) on pouvait voir encore les restes de la chapelle adossée contre le rocher escarpé au fond de ce petit vallon. Sur la droite se trouve encore aujourd'hui une source qui coule.
Cette source miraculeuse avait pour propriété de soigner les maladies des yeux, entre autre la cécité, et les écrouelles. En ce temps-là, Marcillac était un grand domaine, la chapelle de Saint-Gondon en faisait partie. Elle est séparée, et l'est encore, par la vallée préhistorique de Planchetorte. 
Vers 1645 la grotte n'avait plus grande importance. Les paysans du voisinage restaient encore fidèles et continuaient à venir à la fontaine pour être guéris. La chapelle ne fut plus entretenue, ses murs se lézardèrent, sa toiture laissait passer l'eau. Personne ne disait plus la messe et le pèlerinage fut abandonné. Ce ne fut qu'au XVIIe siècle que Pierre de Fieux de Montaunet eut le désir de restaurer le pèlerinage.
Le lieu-dit Saint-Gondon était alors une dépendance de la propriété de Marcillac qui appartenait à la famille de Fieux de Montaunet. A Marcillac on voit encore de nos jours les restes d'une maison de la fin du XVe siècle qui doit être l'ancien logis des Fieux. Il est possible que l'ancienne grange Treille soit l'ancienne demeure. Par l'acte du 10 août 1675, Pierre de Fieux de Montaunet fonda une vicairie. Il donna à la chapelle et au chapelain le sol, la source et la grotte de Saint-Gondon. Il demanda deux grâces : que la Sainte Messe soit célébrée chaque mois et être d'inhumé dans la chapelle. Les anciens des villages alentour se souviennent, et l'ont raconté à leurs enfants qui nous l'ont transmis : jusqu'au milieu du XVIIIème siècle des pèlerins venaient en pèlerinage à Saint-Gondon.
La tradition voulait que les gens fichent en terre des petites croix de bois entourées de fils blancs. A l'heure actuelle, le site de Saint-Gondon est presque complètement envahi par la végétation. La source a été polluée. De la chapelle il ne reste qu'une croix, quatre marches taillées dans le rocher, une niche pour mettre une lampe à huile. Dans la grotte, est encore visible une petite vasque taillée dans la roche. Il est possible, d'après certaines personnes,que  Pierre de Fieux de Montaunet, restaurateur du pèlerinage à Saint-Gondon, soit enterré dans la chapelle.
René Fage (historien corrézien)

Charette au repos sous l'abri rocheux

Fontaine pétrifiante sous les marnes du Puy lenty
Les grottes des grès triasiques de la Brive d'après une note de J.P.Raynal, Institut du quaternaire Université de Bordeaux I.

Principalement développés dans les grès inférieurs de Brive, ces formes, des abris et des grottes, sont essentiellement dues au gel, au creusement par l'eau, aux éboulements de décompression des voûtes et des parois. Les formations d'origine éoliennes sont rares.

Le gel s'exerce surtout aux émergences des aquifères dont la position n'a pratiquement pas varié depuis le Würm et il semble que l'aptitude de la roche au gel dans ce cas soit déterminante dans la formation des cavités, mais aussi responsable de leur remplissage rapide. D'autre part la régularisation des versants, la puissance des formations de pente, le comblement des vallées pourraient provenir de la même cause. Les éboulements de voûte résultent de phénomènes de décompression de la roche et semblent (?) caractéristiques de périodes plus sèches. Donc un climat froid et humide désagrège la roche et un climat froid et sec ou tempéré serait responsable des éboulements. Les améliorations climatiques sont marquées par la présence de fractions colloïdales, de fer, de manganèse, de potassium et de sodium et par une dégradation des minéraux argileux (illite). Ces éléments de remplissage de la grotte permettent ainsi de donner une séquence climatique correspondant à la durée du remplissage de la grotte. C'est le cas, par exemple, pour la grotte du Loup sur la commune de Cosnac en Co

A - Taffoni de granite, de grès et tunnels de lave.

Taffoni ou tafoni vient du corse tafone. C'est, en français un mot invariable. C'est une cavité arrondie dont les dimensions varient du décimètre à plusieurs mètres de profondeur et de diamètre. Ces cavités sont formées par l'érosion de roches magmatiques grenues comme le granite et les roches sédimentaires gréseuses.


Taffoni 

Elles naissent au flanc d'une paroi rocheuse à la suite de la désagrégation de la roche, dans ses parties protégées du soleil, sous l'action de l'humidité ambiante. Plus la cavité est vaste et s'ombrage elle-même, plus le taffoni se développe, en particulier vers le haut. Vous avez ci-dessous un schéma de la formation du taffoni




Un taffoni a souvent un plancher constitué d'éboulis, sa visière est relativement stable, et il progresse vers le haut et vers l'intérieur. Les petites cavités sont appelées alvéoles. Mais les grandes ont toutes les apparences de grottes. Nous avions vu dans le dossier sur la silice avec quelle facilité le granite peut s'éroder et que sous des climats secs il est considéré comme une roche très fragile. Les taffoni sont assez caractéristiques des zones assez sèches et ensoleillées, le type en a été défini en Sardaigne, et si l'on en rencontre sous les tropiques (Namibie, Botswana), ils manquent presque totalement dans la zone tempérée froide. Il en va de même pour les grès qui ne sont que des sables plus ou moins bien consolidés auxquels la désagrégation enlève facilement des petits grains

Par la suite, 3 cartes tirées à partir d'un document PDF de la DRAC vous sont proposées, sur lesquelles, j'ai rajouté quelques grottes très grandes, qui ont du échapper au recensement ( telles celles tout au sud de Laumont ) , permettent de se faire une petite idée de la répartition principale des cavités de Brive.
Il existe dans les quartiers nord de la ville , quelques autres grottes mais dont la densité est moins grande.
Le document de la DRAC fait référence à plus de 260 cavités, mais on estime que ce nombre est bien plus grand , Pierre-Yves Demars paléontologue de Brive évoquait le nombre d'un millier lors de notre promenade naturaliste vers Planchetorte, du 20 septembre 2009.
   
 Grottes de Brive : Du groupe de Bassaler aux grottes sous Champ


Grottes de Brive : Des grottes des vallons du ruisseau de Courolle  aux grottes  à l'est du Puy Lenty                  

 Grottes de Brive : Les grottes du fond de la vallée de Planchetorte              



Des fontaines , des lavoirs , des pêcheries , des cabanes et quelques autres mystères

Pour naviguer dans l'ensemble du document , cliquez sur les intitulés soulignés de la ligne du dessous.

Page d'accueil Carte active Présentation
du Projet
La continuité
de préservation
Flore de Brive Le patrimoine
 semi-naturel
Faune de Brive Plan du document